C’est dans la chapelle Saint-Charles à
Avignon que cette exposition
fut donné à voir en 2008.
Les supports légèrement incurvés
enroulés ou déroulés à certains endroits des dessins, semblent
prendre vie au rythme de ces corps qui se tordent et parlent pour
ces femmes intérieurement et psychologiquement
torturées.
Ces représentations à la beauté cruelle nous parlent à leur
place, exprimant ce qu’elles ne s’autorisaient pas à
dire, ni à faire…
S’il n’en est pas le précurseur, sa façon de le
pratiquer est unique et n’appartient qu’à lui.
Le terrain d’action de ce plasticien quasiment mis au ban
de l’Art Contemporain en raison de sa parfaite maîtrise du
dessin est la ville. Son support est « la peau des
murs » qu’il tatoue en y collant par centaines
ses images sérigraphiées exécutées d’après
des dessins préparatoires réalisés auparavant dans son atelier au
fusain…à la pierre noire...
Cela fait désormais plusieurs décennies qu’Ernest
PIGNON-Ernest intègre ses portraits grandeur nature - le plus
souvent en noir et blanc – dans la rue, interrogeant ainsi
directement et de façon frontale le regard des passants.
Il laisse ses premières « traces » en 1966, en Provence.
Ce ne sont pas encore les sérigraphies abouties que nous
connaissons de lui mais de simples pochages à même le sol, sur des
rochers, sur des murs de maisons menant au plateau d’Albion
sous lequel est tapie la force de frappe atomique mille fois
supérieure à celle qui anéantit jadis Hiroshima…
Que de chemin parcouru depuis!
En 1971, à Paris
En 1978, les murs de Paris
avec des portraits de RIMBAUD.
En 1990 ceux de
Naples (cité située entre le
Vésuve et Champs Phlégréens terres exhalant en permanence des
vapeurs soufrées sous lesquelles Virgile situait « les
enfers ») avec des dessins qui s’inspirent de MICHEL
ANGE, FRA ANGELICO, LE CARAVAGE – le destin de ce dernier
évoquant celui de PASOLINI –.
En 1996 à l’intérieur
des cabines téléphoniques à St-Etienne sur le thème des
« Sans-Domicile-Fixe ».
A Soweto en 2002, où il associe
l’apartheid au fléau du S.I.D.A.
En 2003 à Alger, il rend hommage à Maurice AUDIN
torturé, assassiné.
A l’heure ou le trivial et le laid sont de mise, ces
somptueux fantômes viennent à notre rencontre afin de réactiver
notre mémoire au cas où cette dernière serait défaillante.
Une démarche contemporaine a-t-elle besoin de fouler au pied
beauté et élégance ?
C'est bien la
première fois que j'assiste à ce spectacle : un épervier installé
dans la haie qui est en face de la cuisine, à deux
mètres du sol. Il est resté là un bon moment. Les images qu'il m'a
laissé faire de lui - prises au travers de la vitre - ne sont
pas d'une grande qualité, mais je suis heureuse d'avoir pu les
prendre.